Électricité gratuite en Bouches-du-Rhône : l’AMEP partage le surplus solaire

Électricité gratuite en Bouches-du-Rhône : l’AMEP partage le surplus solaire
Sommaire6 sections
  1. 01Ce qui s’est passé à Simiane-Collongue
  2. 02Le cadre légal : l’autoconsommation collective
  3. 03Ce que le voisin ne paie plus, et ce qui reste sur sa facture
  4. 04Ce que gagne le producteur
  5. 05Monter une opération : les étapes
  6. 06Le modèle fait des petits

À Simiane-Collongue, dans les Bouches-du-Rhône, un propriétaire de seize panneaux solaires cède son surplus d’électricité à des voisins sans le leur facturer. Le montage s’appelle AMEP, pour Association pour la mutualisation d’une énergie de proximité, en référence aux AMAP. L’association a été créée en juillet 2022, d’après un article de Neozone publié en janvier 2023. Gratuit ne signifie pas facture à zéro : les voisins déduisent seulement la part solaire de leur consommation.

Ce qui s’est passé à Simiane-Collongue

Un habitant a posé seize panneaux sur son toit. Quand sa production dépasse sa consommation, il vendait auparavant le surplus à Enedis, pour quelques centaines d’euros par an selon ses propres mots rapportés par Neozone. Il a préféré le partager, comme on donne les raisins de son jardin.

L’électricité passe par le réseau public géré par Enedis. Une convention signée à la création de l’association fixe la part de production attribuée à chaque associé. Le nombre de foyers varie selon les comptes rendus de presse (quatre ou cinq voisins). Des échanges de bons procédés, œufs, confiture, cerises, ont suivi.

Un tel partage relève de l’autoconsommation collective : un circuit court d’électricité renouvelable entre un ou plusieurs producteurs et des consommateurs proches géographiquement. Les participants se regroupent au sein d’une personne morale organisatrice, le plus souvent une association, qui signe une convention avec le gestionnaire du réseau, généralement Enedis. Cette convention précise la liste des participants et la répartition de la production entre eux (guide Énergie Partagée, avril 2025).

  • Un seul bâtiment : pas de limite de puissance de production.
  • Plusieurs bâtiments : un périmètre de 2 km de diamètre, dans la limite de 5 MW cumulés par opération.
  • Des dérogations existent pour 10 ou 20 km, voire le territoire d’un EPCI, avec 10 MW au maximum.

Enedis accompagne les projets de la mise en place à la gestion de l’opération sur sa page dédiée à l’autoconsommation collective.

Ce que le voisin ne paie plus, et ce qui reste sur sa facture

Le voisin bénéficiaire continue de payer son abonnement, ses taxes et la part de consommation que le solaire ne couvre pas. Seule l’électricité partagée est déduite. C’est pourquoi l’économie se compte en pourcentage de la facture.

La clé de répartition fixe la part de production affectée à chacun. Elle est définie dans la convention. Un foyer qui consomme le jour, quand les panneaux produisent, profite le plus du partage : lave-linge, lave-vaisselle et chauffe-eau peuvent suivre le soleil, comme le font les voisins de Simiane. Un foyer absent en journée en tire moins. L’article sur la consommation électrique moyenne d’un foyer aide à situer vos usages.

Ce que gagne le producteur

Le producteur renonce à la revente du surplus. Il en parle comme d’un manque à gagner assumé, contre le bénéfice d’un voisinage solidaire. Ce choix lui revient et dépend du contrat de revente qu’il aurait pu garder. Pour d’autres projets, la question mérite un calcul avant de partager.

Monter une opération : les étapes

  1. Réunir un producteur et des voisins prêts à participer, dans le périmètre autorisé.
  2. Créer l’association qui sera la personne morale organisatrice.
  3. Définir la clé de répartition et la faire valider dans la convention avec le gestionnaire de réseau.
  4. Faire poser ou déclarer l’installation de production : voir les panneaux solaires en toiture et l’annuaire des installateurs de panneaux solaires.

Le guide d’Énergie Partagée sur l’autoconsommation collective détaille la démarche pour les collectivités ; le principe vaut pour des voisins.

Le modèle fait des petits

Une AMEP lancée en avril 2026 dans la Manche fonctionne sur le même principe, d’après Bourse Inside (août 2026) : le prix du kWh couvert par le surplus local passerait d’environ 25 à environ 5 centimes, le bénéficiaire payant surtout l’accès au réseau pour cette part. Ce chiffre vient d’un seul compte rendu de presse et reste à confirmer opération par opération.

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