Centrales thermiques : le fossile ne fournit plus que 3,4 % de l’électricité
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Une centrale thermique brûle un combustible pour chauffer de l’eau, produire de la vapeur et faire tourner une turbine reliée à un alternateur. En France, le thermique fossile (gaz, charbon, fioul) a fourni 18,7 TWh en 2025, soit 3,4 % de la production d’électricité. C’est 41 % de moins qu’en 2023, selon les chiffres d’EDF reprenant ceux de RTE. Cet article fait le point sur leur fonctionnement, leurs atouts, leurs limites et ce que cela change pour un foyer.
Du combustible à l’alternateur en trois étapes
Le principe tient en trois étapes. Le combustible brûle dans une chaudière ou une chambre de combustion. La chaleur transforme l’eau en vapeur sous pression, ou bien les gaz chauds font tourner directement une turbine. L’alternateur couplé à la turbine convertit ce mouvement en courant. Le nucléaire repose sur la même chaîne vapeur, turbine et alternateur, mais il relève d’une autre filière que ce site ne traite pas ici.
Le combustible varie selon les sites : charbon, gaz naturel, fioul, mais aussi biomasse, biogaz ou déchets. Cette dernière famille est classée à part dans les bilans : le thermique renouvelable et les déchets ont produit 10,9 TWh en France en 2025, soit 2 % de la production. Les déchets en fournissent 37 %, la biomasse et les combustibles liquides 34 % et le biogaz 26 %, d’après EDF.
Turbine seule, cycle combiné, cogénération : trois rendements
Toutes les centrales thermiques ne valorisent pas la chaleur de la même façon.
- La turbine à gaz seule rejette ses fumées chaudes dans l’air. Connaissance des énergies lui attribue un rendement d’environ 35 %.
- Le cycle combiné au gaz récupère la chaleur de ces fumées pour produire de la vapeur, qui actionne une seconde turbine. Le même site cite jusqu’à 70 % de rendement et jusqu’à 50 % de polluants en moins pour une même quantité d’électricité.
- La cogénération produit en même temps de l’électricité et de la chaleur, envoyée par exemple dans un réseau de chauffage urbain ou dans un procédé industriel. La chaleur n’est plus perdue, le rendement global grimpe.
Le gaz émet moins de CO2 que le charbon pour la même électricité, ce qui explique que le charbon recule le plus vite. Sa production française est tombée à 0,7 TWh en 2025, soit 0,1 % du total, et son arrêt est prévu au plus tard en 2027. Les différentes technologies sont détaillées dans l’article sur les types de centrales thermiques.
Les atouts des centrales thermiques
Une production que l’on déclenche à la demande
Une centrale à gaz démarre sur ordre du gestionnaire de réseau. Elle ne dépend ni du vent ni du soleil ni de la pluie. C’est son atout principal : elle comble les creux quand l’éolien et le solaire produisent peu et que la consommation grimpe, par exemple lors d’une soirée froide de janvier.
Des combustibles variés, y compris renouvelables
Un site peut changer de combustible. La centrale de Port Est, à La Réunion, couvre environ 40 % des besoins énergétiques de l’île. Convertie à la biomasse liquide en 2023, elle produit désormais une électricité entièrement renouvelable, selon EDF. Ce type de conversion prolonge la vie d’un site industriel existant.
Les limites : émissions, combustible à acheter, rôle de secours
La combustion libère du CO2 et des polluants atmosphériques. Le charbon est le plus émetteur, le gaz l’est moins, mais l’un et l’autre dépendent d’un combustible qu’il faut extraire, transporter et acheter, alors que le vent et le soleil ne se facturent pas. Dans le monde, le charbon fournit encore environ un tiers de l’électricité, d’après EDF, ce qui pèse sur le climat bien au-delà de la France.
Les centrales classiques rejettent aussi de la chaleur dans l’air ou dans un cours d’eau. Une centrale à cycle combiné ou en cogénération réduit cette perte, mais ne la supprime pas.
Ce que cela change à la maison
Les soirées d’hiver concentrent la demande de chauffage et l’appel aux centrales à gaz. Décaler un lave-linge ou un ballon d’eau chaude vers la nuit ou le milieu de journée soulage le réseau et, selon votre contrat, la facture. Les heures creuses de Linky et l’option Tempo s’appuient sur cette logique de pointe. Le jour des tarifs rouges se vérifie avec l’outil couleur Tempo du jour.
Pour situer le thermique dans l’ensemble de la production, l’article sur le mix énergétique français donne la part de chaque filière en 2025 : 27,0 % de renouvelables dans l’électricité, dont 11,4 % d’hydraulique, 9,1 % d’éolien et 6 % de solaire. Pour la production renouvelable pilotable, voyez aussi la centrale hydroélectrique.
Peser le pour et le contre en 2026
Le thermique fossile joue désormais un rôle d’appoint : 3,4 % de la production contre une part bien plus grande il y a quelques années. Son avenir dépend de trois leviers : la conversion de sites vers la biomasse ou le biogaz, la fin du charbon d’ici 2027 et la montée du solaire, de l’éolien et du stockage. Pour le consommateur, l’enjeu se résume à la pointe d’hiver : consommer moins à ce moment-là réduit à la fois la facture et le recours au gaz.
Les chiffres de production viennent des pages d’EDF sur le thermique à flamme, et les rendements de la page de Connaissance des énergies sur le cycle combiné.
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