Consommation électrique d’une piscine : la pompe pèse près de 90 % du total

Consommation électrique d’une piscine : la pompe pèse près de 90 % du total
Sommaire5 sections
  1. 01Où part l’électricité d’une piscine
  2. 02Calculer la part de la pompe chez vous
  3. 03Réduire la durée de filtration : ce que l’étude a chiffré
  4. 04Le chauffage : un poste que la campagne n’a pas mesuré
  5. 05Situer la piscine dans la facture du foyer

La consommation électrique d’une piscine dépend surtout de la pompe de filtration. Sur 20 piscines individuelles dont la consommation a été mesurée directement, le total atteint 1 860 kWh par an en moyenne, et la pompe en représente 89,4 %, soit près de 90 %. Au tarif Base d’EDF (0,2001 € le kWh TTC au 1er août 2026, en 6 kVA), 1 860 kWh coûtent environ 370 € par an.

Ces mesures viennent d’un rapport du bureau d’études Enertech réalisé pour l’ADEME et EDF (campagne de l’été 2006, rapport de 2007). Elles datent, mais elles restent la campagne de mesures la plus détaillée disponible : elles séparent chaque équipement, ce que ne font pas les estimations en ligne. Les pompes à vitesse variable, plus répandues aujourd’hui, ne sont pas couvertes par ces mesures.

Où part l’électricité d’une piscine

Le rapport répartit la consommation par équipement :

PostePart ou consommation mesurée
Pompe de filtration89,4 % du total, environ 1 600 kWh par an
Robot nettoyeur9,5 %, environ 186 kWh par an en moyenne (436 kWh pour les bassins qui en ont un, selon un autre chapitre du rapport)
Autres usages1,2 % (éclairage, nage à contre-courant, régulation du pH)

Parmi les auxiliaires, l’électrolyseur de sel pèse environ 127 kWh par an, une nage à contre-courant 59 kWh, un volet électrique 10,3 kWh et une régulation de pH 5 kWh. L’éclairage immergé consomme en moyenne 5,2 kWh par an sur les 14 piscines qui en possèdent. Remplacer des projecteurs par des LED reste utile pour la durée de vie et le confort, mais l’économie d’électricité est minime face à la pompe.

Calculer la part de la pompe chez vous

La formule tient en une ligne : puissance de la pompe (en kW) × heures de marche par jour × nombre de jours de la saison. Dans l’étude, la puissance moyenne est de 960 W, avec un rapport de 1 à 4 entre les pompes, et la durée moyenne de 10,6 heures par jour (11,2 heures pour les bassins enterrés, 7,5 pour les hors-sol). Certaines pompes tournaient près de 18 heures par jour, d’autres moins de 4 heures.

Avec ces moyennes et une saison de 150 jours (hypothèse de calcul), la pompe consomme 0,96 kW × 10,6 h × 150 j, soit environ 1 530 kWh. Au tarif Base, cela fait environ 305 € par saison, soit 0,19 € par heure de marche.

Réduire la durée de filtration : ce que l’étude a chiffré

Dans l’échantillon, le temps de renouvellement de l’eau est en moyenne de 4 h 10, et 85 % des bassins brassent leur eau en moins de 6 heures environ, la valeur que recommandent les professionnels. Les auteurs en concluent que les pompes tournent plus longtemps que nécessaire. Leurs estimations :

  • limiter la marche à 4 heures par jour économise environ 970 kWh par an et par piscine, soit 54 % ;
  • 2 heures par jour porteraient l’économie à environ 79 % ;
  • une pompe mieux dimensionnée, associée aux 4 heures, atteindrait 66 à 69 % ;
  • une pompe à vitesse variable économiserait au moins 23 %, une estimation que le rapport présente comme une perspective, sans mesure à l’appui.

Le chauffage : un poste que la campagne n’a pas mesuré

Les mesures de 2006 ne portent pas sur le chauffage de l’eau. Aucun chiffre fiable n’est donc donné ici : il dépend du volume, de la région, de la saison de baignade et de la température visée. Le principe, lui, est connu. Un réchauffeur à résistance transforme chaque kWh électrique en chaleur au mieux à 1 pour 1. Une pompe à chaleur air-eau prélève des calories dans l’air extérieur et consomme moins d’électricité pour la même chaleur : le fonctionnement est détaillé dans l’article sur le fonctionnement d’une pompe à chaleur. Un échangeur thermique dépend du système de chauffage de la maison, et sa consommation s’y ajoute.

Limiter les pertes de chaleur du bassin (couverture, volet) réduit le besoin de chauffage, quelle que soit la méthode.

Situer la piscine dans la facture du foyer

Hors chauffage, l’ADEME retient 2 500 kWh par an pour un foyer de 4 personnes : une piscine moyenne de 1 860 kWh augmente donc fortement la facture, ce que détaille l’article sur la consommation électrique moyenne d’un foyer. Pour un autre équipement de loisir, le même exercice est fait dans l’article sur la consommation électrique d’un sauna.

Si votre contrat comporte des heures creuses, une pompe programmée sur ces plages coûte moins cher au kWh ; les modalités sont dans l’article sur les heures creuses et le compteur Linky. Vérifiez que la plage de filtration programmée suffit à la qualité de l’eau avant de tout décaler.

Les données détaillées sont dans le rapport de la campagne de mesures sur 20 piscines individuelles.

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