Spéculation sur les granulés de bois : +117 % en 18 mois, l’avis de 2025
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La spéculation n’explique pas à elle seule la flambée des granulés de bois de 2022, selon l’avis 25-A-13 de l’Autorité de la concurrence, daté du 20 novembre 2025. L’Autorité retient trois causes économiques : une demande précoce et forte, une hausse des coûts de production et des importations plus chères. Elle ne peut exclure des comportements isolés, mais n’en a pas cherché la preuve.
Une hausse de 117 % en dix-huit mois
D’après l’avis, le prix des granulés en sacs est passé de 294 € la tonne au deuxième trimestre 2021 à 637 € la tonne au quatrième trimestre 2022, soit 117 % de plus. En vrac, le détail est monté de 271 € à 610 € la tonne (+125 %). Les prix ont reculé dès le premier trimestre 2023 sans retrouver leur niveau d’avant 2021.
Le ministère de l’Économie avait chiffré la hausse autrement dans une réponse à une question écrite de députés : environ 400 € TTC la tonne à l’hiver 2021-2022, puis environ 600 € TTC à l’hiver 2022-2023. Les deux séries disent la même chose : le prix a été multiplié par 1,5 à 2,2 selon la série.
Qui a enquêté, et sur quoi
La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a demandé un avis à l’Autorité de la concurrence sur la situation du marché des granulés de chauffage. L’avis a été adopté le 20 novembre 2025 et le communiqué publié le lendemain. Il examine la chaîne entre producteurs, distributeurs et importateurs, un marché très fragmenté.
Certains récits attribuent à une enquête parlementaire des conclusions précises sur des monopoles et des ventes sous le coût de production. Aucune des sources officielles consultées ne contient ces constats, qui ont été retirés.
Trois causes économiques retenues
- Une demande précoce et forte. Les installations de poêles ont progressé de 43 % et celles de chaudières de 120 % en 2021 (réponse ministérielle). Des ménages ont quitté le gaz, le fioul ou l’électricité pour les granulés et certains ont avancé leurs achats. Les stocks des producteurs, historiquement bas en février 2022, n’ont retrouvé leur niveau de septembre 2021 qu’en février 2023.
- Des coûts de production en hausse, surtout pour les matières premières et l’énergie.
- Des importations plus chères. Les prix allemands ayant monté plus tôt, les volumes importés sont passés d’environ 400 000 tonnes à plus de 500 000 tonnes, soit de 16 % à près de 20 % de la consommation nationale (chiffres Propellet cités par l’avis).
La France consommait 2,5 millions de tonnes en 2022 pour 2,05 millions de tonnes produites. La production nationale couvrait 75 % de la demande en 2021, 80 % en 2022 et 85 % en 2023.
Spéculation : ce que l’avis constate
Selon Propellet, la spéculation est restée le fait d’un petit nombre d’opérateurs, surtout à l’été 2022, et sur une courte durée. L’Autorité ne retient pas de spéculation généralisée. Elle précise que son instruction n’avait pas pour objet d’établir des pratiques anticoncurrentielles et qu’elle ne peut pas les exclure. Les facteurs économiques suffisent selon elle à expliquer la situation, qui ne soulève pas de préoccupation au regard du droit de la concurrence.
Les pistes pour éviter une nouvelle flambée
- Des indices mensuels de prix, de volumes et de stocks, publiés avec un délai pour que les entreprises ne surveillent pas leurs concurrents en temps réel.
- Des importations ponctuelles, sans décision commune des producteurs sur la répercussion du surcoût.
- Une plateforme de demande des clients en période de crise, inspirée de l’Autriche, sans échange d’informations sensibles sur les prix.
- Un chèque bois énergie à usage temporaire, car une aide peut pousser des vendeurs à relever leurs prix.
- Un plafonnement des prix, jugé inhabituel en économie de marché et à réserver à un usage minimal.
Où en sont les prix et les contrôles en octobre 2026
Le vrac valait 426 € la tonne au 1er octobre 2026 (Selectra) et le sac de 15 kg 4,99 € chez Leclerc le 19 octobre 2026, loin des 637 € de fin 2022. Le prix du jour par enseigne se lit dans l’outil prix des pellets, et le détail des sacs dans l’article sur le prix du sac de 15 kg.
La DGCCRF a contrôlé 185 entreprises du bois de chauffage en 2023 et au début de 2024 : 45 avertissements et 29 injonctions ont suivi. Plus de 37 % des entreprises ne respectaient pas l’affichage des prix, souvent donnés seulement par téléphone, et de faux sites vendaient à prix anormalement bas avec paiement avant livraison. Un devis écrit, un prix au kilo ou à la tonne et une livraison datée évitent l’essentiel des pièges.
Le bois d’œuvre suit un autre cycle : l’article sur l’évolution du prix du bois en détaille les chiffres. Le communiqué de l’Autorité de la concurrence, l’enquête de la DGCCRF et la réponse du ministère à la question écrite 2479 sont publics.
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