Biogaz : 3,9 % du gaz consommé en France en 2025, contre 3,2 % en 2024

Biogaz : 3,9 % du gaz consommé en France en 2025, contre 3,2 % en 2024
Sommaire6 sections
  1. 01Biogaz et biométhane : deux produits différents
  2. 02Les chiffres français
  3. 03Les objectifs de la programmation de l’énergie
  4. 04Les atouts du biogaz
  5. 05Les limites à connaître
  6. 06Ce que cela change pour un foyer chauffé au gaz

Le biogaz se forme quand des bactéries décomposent de la matière organique sans oxygène (déchets agricoles, boues d’épuration, biodéchets). Brut, il contient environ 60 % de méthane, le reste étant surtout du dioxyde de carbone. Il peut alimenter un moteur de cogénération, une chaudière ou, une fois épuré, le réseau de gaz sous le nom de biométhane. La fabrication elle-même est expliquée dans l’article sur la méthanisation agricole.

Biogaz et biométhane : deux produits différents

Le mot « biogaz » recouvre deux réalités. Le biogaz brut, moins riche en méthane que le gaz naturel, sert surtout sur place pour produire de la chaleur ou de l’électricité. Le biométhane est du biogaz épuré jusqu’à la qualité du gaz naturel : il circule dans les mêmes canalisations et brûle dans les mêmes appareils. Un particulier raccordé au gaz de ville ne change donc ni de chaudière ni de plaque de cuisson pour en consommer.

Les chiffres français

Le Panorama des gaz renouvelables 2025 recense 803 sites d’injection en service fin 2025, pour 15,5 TWh par an de capacité installée. La production de biométhane atteint 13,6 TWh en 2025 et couvre 3,9 % de la consommation de gaz de la France. L’année précédente, le SDES comptait 11,6 TWh injectés (+27 % sur 2023), soit 3,2 % de la consommation primaire de gaz naturel, avec 731 installations.

Repère20242025
Sites d’injection731803
Biométhane injecté11,6 TWh13,6 TWh
Part du gaz consommé3,2 %3,9 %

Les objectifs de la programmation de l’énergie

Le décret du 13 février 2026 vise 82 TWh de biométhane en 2035, soit 7,5 % de la consommation finale d’énergie, d’après la presse spécialisée. En 2030, l’injection doit atteindre 44 TWh et la cogénération 6 TWh. Le soutien aux nouvelles cogénérations biogaz pour l’électricité s’arrête : les tarifs d’injection réglementés laissent la place aux certificats de production de biométhane, que les fournisseurs de gaz doivent restituer. Pour 2028, ces obligations correspondent à 4 % de la consommation de leurs clients résidentiels et tertiaires.

Les atouts du biogaz

  • Un gaz produit localement : il réduit la dépendance aux importations pour la part qu’il remplace.
  • Un traitement des déchets : effluents d’élevage, boues et biodéchets trouvent un débouché énergétique, et le digestat revient aux champs comme engrais.
  • Un gaz stockable : contrairement au solaire ou à l’éolien, il se conserve dans les réseaux et peut servir en hiver.

Les limites à connaître

  • Un volume encore modeste : 3,9 % de la consommation, loin d’un remplacement du gaz fossile.
  • Un bilan carbone à relativiser : le CO2 émis à la combustion a été capté par les plantes, mais la collecte, les transports et d’éventuelles fuites de méthane pèsent sur le bilan. Le biométhane émet moins que le gaz fossile, sans être neutre pour le climat.
  • Un coût d’investissement élevé : unités de méthanisation et épuration demandent un financement lourd, d’où l’importance du soutien public.
  • Des nuisances locales : odeurs et trafic de camions sont les premiers motifs de contestation des projets.
  • Des ressources encadrées : la réglementation plafonne à 15 % la part de cultures principales dans les intrants, pour ne pas concurrencer l’alimentation.

Ce que cela change pour un foyer chauffé au gaz

Pour un foyer, l’effet direct reste limité. Le prix du kWh se suit dans l’article sur le prix du gaz au kWh. Les contraintes qui pèsent sur les chaudières gaz sont décrites dans cet article sur les chaudières à gaz. Pour changer d’énergie, l’annuaire des chauffagistes permet de comparer pompe à chaleur, bois ou gaz.

Les autres formes de biomasse sont comparées dans l’article sur l’énergie biomasse, la chaleur du sol dans la géothermie. Les chiffres viennent du Panorama des gaz renouvelables 2025 et du SDES.

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