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    "title": "Méthanisation agricole : pourquoi le lisier ne se méthanise presque jamais seul",
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    "description": "Une ferme de méthanisation transforme lisier, fumier et résidus de culture en biogaz et en digestat, un engrais.",
    "chapo": "Une ferme de méthanisation transforme lisier, fumier et résidus de culture en biogaz et en digestat, un engrais. Une tonne de lisier de porc donne 7 m³ de méthane, contre 100 m³ pour un ensilage.",
    "date_published": "2023-10-14T09:00:29+00:00",
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        "bio": "Infos Energie écrit pour les particuliers qui veulent payer moins cher leur énergie : chauffage au bois, aux granulés ou au fioul, pompe à chaleur, électricité et option Tempo, panneaux solaires, isolation et aides. Il tient aussi l’annuaire des ramoneurs, chauffagistes, cheministes et installateurs solaires, construit à partir de la liste RGE de l’ADEME et du répertoire Sirene. Les prix sont datés et les règles vérifiées sur les sources officielles (service-public.gouv.fr, Anah, France Rénov’, ADEME, CRE), sans recommandation commerciale.",
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    "content_markdown": "La méthanisation est une fermentation sans oxygène, menée dans une cuve fermée appelée digesteur. Des bactéries y dégradent la matière organique et produisent deux choses : du biogaz, riche en méthane, et un résidu, le digestat. Sur une exploitation agricole, la matière vient surtout de l’élevage et des cultures. Le biogaz se transforme ensuite en chaleur, en électricité ou en biométhane injecté dans le réseau de gaz.\n\n## Dans le digesteur : une digestion sans oxygène\n\nLe digesteur fonctionne sans flamme ni oxygène : la digestion est dite anaérobie. Le digesteur est chauffé et brassé pour que les bactéries travaillent à température stable. Le biogaz brut contient environ 60 % de méthane, selon Solagro. Le reste est surtout du dioxyde de carbone.\n\n **Le chiffre à retenir**\n\n803 sites injectaient du biométhane dans les réseaux français fin 2025, pour une capacité de 15,5 TWh par an (Panorama des gaz renouvelables 2025).\n\n## Ce que l’on met dans le digesteur\n\nLes matières acceptées vont des effluents d’élevage aux résidus de cultures, en passant par les déchets de l’industrie agroalimentaire. Elles ne produisent pas toutes autant de méthane. Solagro donne ces ordres de grandeur, en mètres cubes de méthane par tonne de matière brute :\n\n| Matière | m³ de méthane par tonne |\n| --- | --- |\n| Lisier de porc | 7 |\n| Lisier de bovin | 16 |\n| Tonte de pelouse | 80 |\n| Ensilage de maïs ou d’herbe | 100 |\n| Graisses usagées | 260 |\n\nLes lisiers sont donc très dilués en énergie : ils sont rarement méthanisés seuls. Les exploitations les associent à des matières plus riches. Les cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), semées entre deux cultures principales, font partie de ces apports. Le cadre réglementaire plafonne l’usage de cultures principales à 15 % des intrants, d’après le Panorama de Natran, pour éviter la concurrence avec l’alimentation.\n\nLe digesteur n’accepte pas tout : sable, verre et plastique sont à éviter, comme le bois, qui se dégrade mal.\n\n## Le digestat, un engrais à gérer avec soin\n\nLe résidu de la digestion conserve l’azote, le phosphore et le potassium de la matière d’origine. Il est plus homogène et plus fluide qu’un lisier brut, ses odeurs sont réduites et le pouvoir germinatif des graines d’adventices diminue. L’azote y est surtout sous forme d’ammonium, volatil : il demande donc un stockage couvert, un épandage au plus près du sol (pendillards) et un apport de la fin de l’hiver au printemps. Sauf s’il passe en compost normalisé ou s’il est homologué, le digestat relève d’un plan d’épandage.\n\n **Un engrais local**\n\nLe digestat peut remplacer une partie des engrais de synthèse sur les parcelles de l’exploitation, à condition de respecter le plan d’épandage et les périodes d’apport.\n\n## Que devient le biogaz\n\nTrois débouchés existent. La chaleur, utilisée sur place si un besoin continu existe à proximité (élevage, séchage, bâtiments). L’électricité, produite par cogénération. Le biométhane, obtenu par épuration du biogaz et injecté dans le réseau de gaz.\n\nLa programmation de l’énergie publiée en février 2026 change la donne pour les porteurs de projet. Le soutien aux nouvelles installations de cogénération biogaz pour l’électricité ne sera plus possible, et les installations existantes doivent être converties vers l’injection. Les tarifs réglementés d’injection laissent la place aux certificats de production de biométhane (CPB) : les fournisseurs de gaz doivent en restituer 0,8 TWh en 2026, 3,1 TWh en 2027 et 6,5 TWh en 2028 selon la presse spécialisée. Un point d’étape est prévu d’ici fin 2027.\n\n **Piège pour un porteur de projet**\n\nUn projet conçu pour produire de l’électricité n’est plus soutenu pour les nouvelles installations. Le dossier se construit désormais autour de l’injection et de la vente de CPB.\n\n## Les points de vigilance\n\n- **Investissement** : une unité de méthanisation demande un financement lourd et un plan d’approvisionnement sur la durée.\n- **Approvisionnement** : la matière doit être disponible toute l’année, en quantité et en qualité régulières.\n- **Surveillance** : un digesteur se conduit comme un procédé biologique, avec des réglages et des suivis réguliers.\n- **Voisinage** : odeurs et circulation de camions sont les principales sources de contestation. La concertation locale réduit les blocages.\n\n **227 projets en 2025**\n\nLe registre national a enregistré 227 nouveaux projets d’injection en 2025, avec 19,2 TWh en file d’attente sur 34,7 TWh de projets au total (Natran).\n\nPour le particulier, le biométhane rejoint le gaz de ville : l’article sur [le biogaz](https://www.infos-energie.com/biogaz-une-alternative-energetique-aux-avantages-et-inconvenients-multiples.html) détaille ses usages et ses limites. La matière organique brûlée directement est traitée dans l’article sur [la biomasse](https://www.infos-energie.com/biomasse-definition.html), et la chaleur du sous-sol dans celui sur [la géothermie](https://www.infos-energie.com/quest-ce-que-la-geothermie.html). Les chiffres du secteur sont publiés dans le Panorama des gaz renouvelables 2025 et les [chiffres clés du SDES](https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-energies-renouvelables/fr/21-biomethane-).",
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Le reste est surtout du dioxyde de carbone.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-bleu\"><strong>Le chiffre à retenir</strong><p>803 sites injectaient du biométhane dans les réseaux français fin 2025, pour une capacité de 15,5 TWh par an (Panorama des gaz renouvelables 2025).</p></aside>\n<h2>Ce que l’on met dans le digesteur</h2>\n<p>Les matières acceptées vont des effluents d’élevage aux résidus de cultures, en passant par les déchets de l’industrie agroalimentaire. Elles ne produisent pas toutes autant de méthane. Solagro donne ces ordres de grandeur, en mètres cubes de méthane par tonne de matière brute :</p>\n<table>\n<tr><th>Matière</th><th>m³ de méthane par tonne</th></tr>\n<tr><td>Lisier de porc</td><td>7</td></tr>\n<tr><td>Lisier de bovin</td><td>16</td></tr>\n<tr><td>Tonte de pelouse</td><td>80</td></tr>\n<tr><td>Ensilage de maïs ou d’herbe</td><td>100</td></tr>\n<tr><td>Graisses usagées</td><td>260</td></tr>\n</table>\n<p>Les lisiers sont donc très dilués en énergie : ils sont rarement méthanisés seuls. Les exploitations les associent à des matières plus riches. Les cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), semées entre deux cultures principales, font partie de ces apports. Le cadre réglementaire plafonne l’usage de cultures principales à 15 % des intrants, d’après le Panorama de Natran, pour éviter la concurrence avec l’alimentation.</p>\n<p>Le digesteur n’accepte pas tout : sable, verre et plastique sont à éviter, comme le bois, qui se dégrade mal.</p>\n<h2>Le digestat, un engrais à gérer avec soin</h2>\n<p>Le résidu de la digestion conserve l’azote, le phosphore et le potassium de la matière d’origine. Il est plus homogène et plus fluide qu’un lisier brut, ses odeurs sont réduites et le pouvoir germinatif des graines d’adventices diminue. L’azote y est surtout sous forme d’ammonium, volatil : il demande donc un stockage couvert, un épandage au plus près du sol (pendillards) et un apport de la fin de l’hiver au printemps. Sauf s’il passe en compost normalisé ou s’il est homologué, le digestat relève d’un plan d’épandage.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-vert\"><strong>Un engrais local</strong><p>Le digestat peut remplacer une partie des engrais de synthèse sur les parcelles de l’exploitation, à condition de respecter le plan d’épandage et les périodes d’apport.</p></aside>\n<h2>Que devient le biogaz</h2>\n<p>Trois débouchés existent. La chaleur, utilisée sur place si un besoin continu existe à proximité (élevage, séchage, bâtiments). L’électricité, produite par cogénération. Le biométhane, obtenu par épuration du biogaz et injecté dans le réseau de gaz.</p>\n<p>La programmation de l’énergie publiée en février 2026 change la donne pour les porteurs de projet. Le soutien aux nouvelles installations de cogénération biogaz pour l’électricité ne sera plus possible, et les installations existantes doivent être converties vers l’injection. Les tarifs réglementés d’injection laissent la place aux certificats de production de biométhane (CPB) : les fournisseurs de gaz doivent en restituer 0,8 TWh en 2026, 3,1 TWh en 2027 et 6,5 TWh en 2028 selon la presse spécialisée. Un point d’étape est prévu d’ici fin 2027.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-orange\"><strong>Piège pour un porteur de projet</strong><p>Un projet conçu pour produire de l’électricité n’est plus soutenu pour les nouvelles installations. Le dossier se construit désormais autour de l’injection et de la vente de CPB.</p></aside>\n<h2>Les points de vigilance</h2>\n<ul>\n<li><strong>Investissement</strong> : une unité de méthanisation demande un financement lourd et un plan d’approvisionnement sur la durée.</li>\n<li><strong>Approvisionnement</strong> : la matière doit être disponible toute l’année, en quantité et en qualité régulières.</li>\n<li><strong>Surveillance</strong> : un digesteur se conduit comme un procédé biologique, avec des réglages et des suivis réguliers.</li>\n<li><strong>Voisinage</strong> : odeurs et circulation de camions sont les principales sources de contestation. La concertation locale réduit les blocages.</li>\n</ul>\n<aside class=\"bluf bluf-violet\"><strong>227 projets en 2025</strong><p>Le registre national a enregistré 227 nouveaux projets d’injection en 2025, avec 19,2 TWh en file d’attente sur 34,7 TWh de projets au total (Natran).</p></aside>\n<p>Pour le particulier, le biométhane rejoint le gaz de ville : l’article sur <a href=\"/biogaz-une-alternative-energetique-aux-avantages-et-inconvenients-multiples.html\">le biogaz</a> détaille ses usages et ses limites. La matière organique brûlée directement est traitée dans l’article sur <a href=\"/biomasse-definition.html\">la biomasse</a>, et la chaleur du sous-sol dans celui sur <a href=\"https://www.infos-energie.com/quest-ce-que-la-geothermie.html\">la géothermie</a>. Les chiffres du secteur sont publiés dans le Panorama des gaz renouvelables 2025 et les <a href=\"https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-energies-renouvelables/fr/21-biomethane-\">chiffres clés du SDES</a>.</p>",
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